La Suisse romande fait face à une explosion de cambriolages qui alarme assurances et collectivités. Les cambriolages ont progressé en Suisse, avec une hausse de 4% par foyer assuré en 2025, et plus de 22 millions de francs versés en indemnisations. Mais l’urgence revêt un caractère régional : Genève, Vaud, le Jura et Neuchâtel sont particulièrement touchés.
Ces dernières semaines, la Suisse romande a connu une vague de cambriolages orchestrés qui visent des cibles lucratifs. Deux armureries à Morges et Bière dans le Vaud ont été braquées les 17 et 20 octobre, avec deux suspects arrêtés : un Français de 19 ans et un Algérien de 14 ans, tandis qu’un troisième reste en fuite. Le pillage systématique s’étend aussi au luxe : une boutique de luxe à Vevey a été fracturée par cinq individus encagoulés, représentant la troisième tentative de braquage de l’année, les deux premières ayant échoué.
Un problème structurel largement absent des débats
Ces incidents ne surgissent pas du néant. Ils révèlent les failles d’une politique de sécurité qui demeure superficielle, tandis que la Suisse romande, économiquement fragilisée, ne bénéficie d’aucune stratégie crédible pour y répondre. Le Conseil fédéral et les exécutifs cantonaux résistent à une véritable réflexion : pourquoi la criminalité organisée trouve-t-elle autant de ressources et de connivences en Suisse romande ? Pourquoi les trafics d’armes explosent-ils dans un contexte où l’armement des civils demeure dérégulé ?
Pendant ce temps, le gouvernement fédéral se concentre sur des priorités idéologiques, des économies budgétaires qui désarment les services de police, et des politiques d’intégration de plus en plus restrictives, qui ne s’attaquent jamais aux causes profondes de la délinquance : chômage de longue durée, exclusion sociale, inégalités de revenus que les budgets austéritaires ne cessent d’aggraver. Aucun message du Conseil fédéral ne porte sur l’insécurité romande. Aucune mobilisation extraordinaire.
La Suisse romande laissée à elle-même
Ce qui frappe, c’est l’indifférence fédérale. Berne regarde ailleurs, comme elle le fait pour le chômage de longue durée, pour l’assurance-chômage en débâcle, pour les salaires gelés. La Suisse romande est abandonnée au profit d’une politique économique où la compétitivité des entreprises prime sur la sécurité publique et le bien-être des habitants. Les cantons romands, laissés seuls avec leurs maigres budgets, ne peuvent que constater l’inefficacité de leurs mesures.
Tant que la Suisse ne reconnaîtra pas que la fragmentation économique entre régions, la sous-dotation des services publics, et les politiques d’économies systématiques produisent un appauvrissement propice aux dérives criminelles, ces vagues de cambriolages continueront. C’est un symptôme, pas un mystère : quand l’État abandonne ses responsabilités, quand il sacrifie les services de prévention et d’intégration, la délinquance prospère.