La Suisse fait face à une crise éducative silencieuse mais structurelle. Selon l’enquête PISA 2025, les compétences des jeunes suisses en lecture et en mathématiques ont perdu l’équivalent d’un an de scolarité en dix ans. Un diagnostic sans appel qui expose les failles d’un système longtemps présenté comme exemplaire.

Cette régression n’est pas anodine. Elle survient dans un contexte où la Suisse connaît d’autres chocs structurels : le taux d’inflation en glissement annuel est devenu négatif en mai, à -0,1 %, augmentant les risques de déflation conjoncturelle, tandis que le virage protectionniste et le désengagement de certaines des principales institutions multilatérales ont engendré une perte de confiance conséquente et une érosion de la sécurité juridique de l’économie mondiale.

Des inégalités qui explosent

Au-delà des moyennes nationales, l’étude révèle un clivage alarmant. Malgré cette baisse, la Suisse demeure très bien positionnée en comparaison européenne, tout en affichant un important écart entre élèves favorisés et défavorisés. Ce fossé n’est pas qu’un problème d’équité ; c’est une bombe sociale en gestation, particulièrement préoccupante en Suisse romande où les tensions socio-économiques se multiplient depuis des mois.

Le système scolaire romand, déjà fragilisé par des enjeux connus (manque de climatisation, classes surpeuplées, formation insuffisante), se révèle incapable de compenser les avantages de naissance. Cette incapacité à réduire les inégalités ne sera jamais rattrapée par la suite, selon les données empiriques de l’OCDE.

Un signal d’alarme ignoré ?

La Suisse reçoit aussi une mauvaise note dans le domaine du harcèlement, ce qui ajoute une couche supplémentaire à la question de la qualité du climat scolaire. Les écoles ne font plus seulement face à un problème pédagogique ; elles gèrent une crise d’environnement d’apprentissage.

Les chiffres sont impitoyables : en dix ans, la Suisse a perdu ce qui constitue une année entière de progrès scolaire. Pour une nation qui fonde son modèle économique sur l’innovation, la qualité du capital humain et la formation continue, c’est une faille existentielle. Comment maintenir une place économique compétitive quand la génération future arrive moins équipée que la précédente ?

Cette dégradation apparaît aussi au moment où le poids de la réglementation s’est nettement alourdi ces dernières années. Un moratoire en matière de réglementation s’impose de toute urgence. Les écoles romandes étouffent sous les contraintes administratives, les ressources stagnent, et les résultats s’en ressentent. La facture arrive, et elle sera bien plus coûteuse à payer demain.

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