La Suisse romande brûle. Pas encore sous les flammes, mais au bord. De nombreuses régions de Suisse romande sont actuellement en alerte niveau 4 sur 5 pour le risque d’incendie de forêt, et les feux se multiplient. C’est un tableau suffisamment rare pour mériter attention : la Suisse romande connaît une multiplication des incendies de forêts et de champs malgré les récipitations récentes.
Le phénomène s’explique d’abord par la succession de deux calamités climatiques. Avec la canicule et un printemps particulièrement sec, les paysages se dessèchent partout en Suisse et le risque d’incendie de forêt augmente fortement. MétéoSuisse annonce une nouvelle vague de chaleur qui maintiendra le niveau d’alerte élevé dans les prochains jours.
Les autorités ne plaisantent pas. Il est désormais interdit de faire du feu en forêt ou à proximité immédiate dans les districts de la Broye et du Lac. Au Valais, les restrictions vont plus loin: une interdiction générale d’allumer des feux en plein air a été instaurée sur l’ensemble du territoire cantonal, les grillades restant autorisées dans les espaces privés urbains mais sous conditions strictes.
Quand la moindre étincelle ravage des milliers d’hectares
Les données de ces derniers jours illustrent le risque extrême. Le Nord vaudois enregistre deux feux de champs en une semaine, dont un incendie qui détruit 11 hectares d’orge. Plus spectaculaire encore, un incendie sans précédent mobilise les pompiers pendant six jours dans les Roches-de-Moron près de La Chaux-de-Fonds.
Pour Eric Stauffer, commandant du Service de Défense Incendie et de Secours du Nord vaudois, le diagnostic est sans appel: «Lorsqu’on moissonne, la poussière en suspension et la moindre étincelle, comme un caillou qui frappe une partie métallique, peuvent suffire à déclencher un incendie. Ces feux se propagent ensuite très rapidement».
Il ne faut pas oublier l’équation de base: près de 90% des incendies de forêt sont provoqués par des activités humaines, contre seulement 10% dus à des causes naturelles comme la foudre. Un mégot mal éteint, un barbecue mal maîtrisé ou quelques braises encore chaudes peuvent suffire à déclencher un incendie difficile à contrôler.
Entre précipitations illusoires et nouveau stress climatique
Paradoxe météorologique: les précipitations de ces derniers jours n’ont en rien modifié le risque d’incendie de forêt en Suisse. De nombreuses régions sont toujours en alerte niveau 4 sur 5. La raison? Les averses n’ont pas suffi à venir à bout de la sécheresse. En raison de la vague de chaleur du mois de juin, le sol est desséché et l’eau ne peut pénétrer que dans les couches supérieures.
Pire encore, le pire est à venir. Jeudi, MétéoSuisse a d’ores et déjà annoncé la prochaine vague de chaleur, capable d’anéantir les maigres améliorations de la semaine. Les différentes autorités cantonales multiplient donc les appels à la vigilance, quand ce n’est pas aux interdictions pures et simples, en espérant que cet été encore plus chaud que prévu sera aussi plus prudent que prévu.