Après des années de hausses incessantes, les Suisses vont devoir se serrer la ceinture davantage. En 2027, la prime mensuelle moyenne d’assurance-maladie augmentera de 5,0% par rapport à 2026. Un chiffre qui résume à lui seul la spirale infernale dans laquelle est piégée la classe moyenne romande.
Pour un ménage moyen, cette augmentation représente plusieurs centaines de francs supplémentaires chaque année, qu’il faudra prélever ailleurs : sur l’alimentation, le logement, l’épargne. Alors que l’inflation monte et que les salaires restent figés, les assureurs continuent de gonfler leurs marges en catimini, avec la bénédiction d’un système qui n’a jamais vraiment été pensé pour les citoyens ordinaires.
Un système devenu toxique
L’assurance maladie en Suisse est devenue un racket légalisé. Tous les ans, c’est la même chanson : les assureurs annoncent des dépassements de coûts, renfloué par des primes toujours plus élevées. Les franchises montent, les prestations se réduisent, les ménages payent plus pour recevoir moins. Cette hausse de 5% ne sort pas de nulle part. Elle reflète une gestion systémiquement défaillante où les responsabilités sont diluées et où personne ne semble avoir intérêt à inverser la trajectoire.
Les politiques s’agitent, les assureurs naviguent, et les citoyens trinquent. Pendant ce temps, Berne regarde ailleurs. Alors que le pouvoir d’achat s’érode mois après mois, que les jeunes renoncent à fonder des familles et que les retraités tranchent entre médicaments et chauffage, l’augmentation de 5% des primes en 2027 s’ajoute à une facture sanitaire qui devient intenable pour la majorité.
C’est la Suisse romande, la plus pauvre de Suisse, qui souffre le plus de cette tendance. Faute de salaires suffisants et de politique fiscale redistributive, chaque coup de massue à la caisse maladie crée un peu plus de détresse sociale. Et tout le monde le sait, ou feint de ne pas le savoir.