Les chiffres ne mentent pas. Quelques semaines après ses dernières prévisions, le Groupe d’experts de la Confédération a revu à la baisse sa trajectoire de croissance pour 2026. La Suisse, dont le système économique semblait jadis blindé contre les turbulences mondiales, enregistre désormais une expansion de 0,9 % seulement. Un recul qui pèse lourd dans un contexte où les menaces s’accumulent.

La crise au Proche-Orient et au Moyen-Orient pousse les prix de l’énergie à la hausse et freine l’économie mondiale. Parallèlement, les annonces de hausses douanières américaines, de 31 % à 32 % en droits additionnels pour la Confédération, dont les États-Unis représentent le premier débouché à l’export, ont forcé les analystes à revoir leurs calculs à la baisse.

Pour les ménages et les entreprises suisses, les implications sont tangibles. La situation de l’emploi se détériorera légèrement et le taux de chômage atteindra 3,1 % en 2026. Chiffres modestes en apparence, mais qui masquent une réalité plus sombre pour les secteurs exportateurs et les petites et moyennes entreprises.

Les PME romandes en première ligne

La Suisse romande ne sera pas épargnée. Pour les petites et moyennes structures qui constituent le tissu économique régional, cette croissance anémique crée un environnement dangereux. Celles qui dépendent de l’exportation seront les plus fragilisées. La faiblesse de la demande est marquée dans le domaine des biens d’investissement, mais touche également l’industrie des biens de consommation et l’économie d’exportation suisses.

Les données disponibles ne justifient pas, à ce stade, un scénario de crise généralisée, mais un signal de vigilance que les PME suisses, en particulier les plus exposées à l’international, ont intérêt à prendre au sérieux. Traduction : il n’y a pas (encore) de catastrophe, mais les cordages se resserrent. Les marges de manœuvre rétrécissent.

L’autre menace : l’immobilier déconnecté de la réalité

À côté de ce ralentissement économique, un deuxième risque guette les ménages romands. En Suisse romande, les tensions se sont accrues autour du Lac Léman, où la croissance des prix dépasse nettement celle des revenus. La région de Yverdon-les-Bains et le Pays d’Enhaut affichent également des niveaux de déséquilibre élevés. Quand les prix des logements grimpent plus vite que les salaires, le déséquilibre devient intenable à moyen terme.

Le scénario économique reste, sur le papier, celui d’une progression modérée suivie d’une amélioration en 2027. Mais cette trajectoire repose sur l’hypothèse que les tensions commerciales n’aggraveront pas. Aucune certitude là-dessus. Les incertitudes restent élevées. Pour la Suisse romande, c’est un appel à la prudence. Les entreprises et les ménages feront bien de ne pas compter sur la bonne fortune.

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