Contexte humanitaire et appel du gouvernement suisse
Face à une situation d’urgence majeure, le Conseil fédéral a sollicité une enveloppe additionnelle de 50 millions de francs auprès de la Délégation des finances du Parlement. Depuis le début du conflit, la Suisse a déjà accordé près de 140 millions de francs d’aide humanitaire au Soudan.
Un conflit qui perdure et ses principaux acteurs
Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre civile opposant l’armée régulière, les Forces armées soudanaises (FAS), et le groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide (FSR). L’ONU décrit cette crise comme la « pire crise humanitaire et de déplacement au monde ».
Qui combat qui ?
Le général Abdel Fattah al‑Burhan dirige les FAS et agit comme chef de facto. À la tête des FSR se trouve le général Mohamed Hamdan Dagalo, surnommé Hemetti. Les FAS s’associent à des courants islamistes politiques ayant des liens avec l’ancien régime d’Omar el‑Béchir, tandis que les FSR puisent leurs origines dans les milices Janjaweed et se présentent comme opposés à l’extrémisme religieux et à l’islam politique. Les deux camps sont accusés de crimes de guerre et d’exactions par diverses sources.
Atrictions et violences sexuelles
Des rapports évoquent des massacres, des exécutions sommaires et des enlèvements attribués aux FSR. Des témoins décrivent des violences dans des maternités et certains évoquent des actes susceptibles d’être qualifiés de génocide. L’Unicef a également signalé des attaques sexuelles visant des femmes et des enfants, y compris des nourrissons et des fillettes.
Impact sur les civils et les infrastructures
La crise a déplacé environ 13 millions de personnes, dont près de 8,6 millions restent à l’intérieur du pays. Plus de 70 % des établissements de santé dans les zones en conflit sont hors service ou endommagés, ce qui complique l’accès aux soins et favorise la propagation du choléra, avec plus de 28 000 cas enregistrés. L’Organisation mondiale de la Santé a également évoqué un « risque biologique » après la saisie d’un laboratoire public national.
Ressources, zones d’exploitation et financement
Le pays est marqué par une géopolitique complexe autour de ressources prisées et de soutiens régionaux. Après la perte de la majorité des réserves pétrolières liées à la scission avec le Soudan du Sud, l’or est devenu la principale ressource d’exportation. Les FSR contrôlent des mines d’or dans le Darfour et au Kordofan, et l’or est souvent acheminé par des réseaux parallèles vers Dubaï, alimentant indirectement leurs finances.
Soutiens étrangers et efforts de médiation
Plusieurs pays et entités apportent un soutien aux différentes parties du conflit, notamment les Émirats arabes unis et des acteurs externes comme la Russie via Africa Corps. L’armée régulière bénéficie du soutien de l’Égypte, de l’Iran et de la Turquie. Malgré les tentatives de médiation du groupe dit « Quad » (États‑Unis, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Égypte), les pourparlers en vue d’une éventuelle trêve humanitaire demeurent bloqués.
Réponses humanitaires et vigilance
La situation continue d’exiger une aide d’urgence pour un nombre crucial de Soudanais, avec une reprise alarmante des épidémies et une pression accrue sur les services de santé already fragiles. Les acteurs humanitaires restent mobilisés malgré les obstacles sur le terrain.