L’administration fédérale peint une toile rassurante : croissance en hausse, chômage maîtrisé, inflation stable. Or, les chiffres publiés cette semaine par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) contredisent ce récit apaisant. Derrière le taux de chômage figé à 3,0% en octobre se cache une réalité moins glorieuse, tandis que l’inflation s’accélère d’une manière inquiétante.

Le mirage de la stabilité

Le nombre d’inscrits aux Offices régionaux de placement (ORP) a progressé de 535 personnes sur un mois à 141’015, selon les données du SECO. Le taux de chômage reste affiché à 3,0%, et c’est justement là que réside le piège statistique que Berne aime à brandir auprès des citoyens.

Lorsqu’un chiffre brut ne progresse pas, les gouvernements en concluent volontiers que la situation se stabilise. Mais le flux réel de personnes sans emploi augmente mois après mois. Ce qui ne bouge pas, c’est seulement la proportion rapportée à la population active. La distinction importerait peu si elle n’était déjà familière aux habitants de la Suisse romande : depuis des mois, LesNews docummente comment les chiffres nationaux masquent une souffrance croissante, particulièrement hors de Berne.

L’inflation reprend ses droits

Mais le véritable frisson vient ailleurs. L’inflation a augmenté à +1,5% en octobre 2026, soit le plus haut niveau depuis décembre 2023. Une accélération palpable, portée notamment par les prix de l’énergie.

Or, depuis le vote du 29 novembre contre la fiscalité progressive, la Suisse romande sait que ses salaires stagnent tandis que le coût de la vie s’envole. Les augmentations négociées en 2026 frôlent les 0,5% ; l’inflation monte à 1,5%. Chacun peut faire le calcul du pouvoir d’achat réel, celui qui compte lorsqu’on fait ses courses ou qu’on paie le loyer.

Berne danse à la musique des optimistes

Le contraste devient presque surréaliste quand on le met en perspective avec les annonces de Berne. Le SECO relève sa prévision de croissance du PIB suisse à 1,7% pour 2026, contre 0,9% estimé en juin. Une belle histoire pour les marchés financiers. Sauf que la croissance économique globale ne garantit jamais une distribution équitable des gains. Et les faits récents le prouvent : PME qui s’effondrent, commerces qui ferment, trois mille emplois supprimés chez Migros.

Le marché du travail demeure techniquement stable. L’inflation monte à son plus haut depuis décembre 2023. Les salaires stagnent. Quelque part entre ces trois données se cache la vraie nouvelle, celle que Berne préfère ignorer : la classe moyenne romande s’érode lentement, et aucune statistique consolante ne changera cela.

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